TL;DR : l’essentiel en 30 secondes

  • Le coefficient d’absorption acoustique est un rapport d’énergie compris entre 0 et 1 : 0,80 signifie que 80 % de l’énergie sonore qui frappe la paroi n’en revient pas.
  • Une fiche technique cache quatre chiffres différents : αs (tiers d’octave), αp (octave, arrondi à 0,05), αw (valeur unique pondérée) et la classe A à E.
  • L’αw n’est pas une moyenne : il vient du calage d’une courbe de référence NF EN ISO 11654, avec une tolérance de 0,10 sur la somme des écarts défavorables.
  • Deux produits classe B à αw 0,80 peuvent donner 0,46 s et 0,57 s de réverbération à 250 Hz dans la même salle : la classe ne suffit pas.
  • Un même absorbant gagne 0,15 à 0,30 point d’αw testé avec 200 mm de vide d’air derrière lui : sans le type de montage, le chiffre est inexploitable.
  • La réglementation française ne fixe jamais un αw, mais une aire d’absorption équivalente : 25 % de la surface au sol (arrêté du 30 août 1990), 30 % (arrêté du 25 avril 2003).

Vous comparez trois offres de correction acoustique pour un plateau de bureaux. La première annonce un coefficient d’absorption acoustique de 1,05, la deuxième une classe A, la troisième un NRC de 0,85. Trois vocabulaires, trois normes, et aucun moyen évident de savoir laquelle rendra la salle réellement confortable.

Ce n’est pas un hasard. Derrière le chiffre unique qui orne les plaquettes se cachent quatre indicateurs distincts, deux familles de normes (européenne et américaine) et un paramètre d’essai que la moitié des fiches techniques omet purement et simplement : le montage.

Cet article vous donne la méthode de lecture d’un acousticien : ce que mesure vraiment un αw, comment il est calculé, les six pièges qui font surestimer un produit de 20 à 40 %, et comment passer du coefficient au temps de réverbération que vous constaterez à la réception.

Le coefficient d’absorption acoustique : définition et unité

Le coefficient d’absorption acoustique, noté α (alpha), c’est le rapport entre l’énergie sonore qu’une paroi ne renvoie pas et l’énergie sonore qui l’a frappée. C’est un nombre sans unité, compris entre 0 et 1.

α = 0 décrit un miroir acoustique parfait : béton lissé, carrelage, vitrage. Tout revient dans la pièce. α = 1 décrit une ouverture sur l’extérieur : rien ne revient. Un plafond à 0,80 renvoie 20 % de l’énergie incidente, ce qui suffit à faire chuter la réverbération de plus de moitié dans un local nu.

Point capital et source de la moitié des malentendus en réunion de chantier : ce coefficient ne dit rien de ce que le voisin entend. Il décrit ce qui se passe dans le local, pas ce qui traverse la paroi. Un panneau à αw 1,00 peut laisser filtrer intégralement une conversation. C’est la différence structurelle entre correction acoustique et isolation phonique, et elle se lit dans les indicateurs : l’absorption s’exprime en α, l’isolement en Rw (C ; Ctr), en décibels.

αs, αp, αw : trois chiffres pour un seul produit

Un laboratoire ne produit jamais un chiffre unique. Il produit une courbe, puis on la comprime :

  • αs : le coefficient d’absorption sabine, mesuré en salle réverbérante selon la NF EN ISO 354, sur 18 bandes de tiers d’octave de 100 à 5000 Hz. C’est la donnée brute, la seule vraiment exploitable par un bureau d’études.
  • αp : le coefficient d’absorption pratique, obtenu en moyennant les trois tiers d’octave de chaque octave (125, 250, 500, 1000, 2000, 4000 Hz), puis arrondi au multiple de 0,05.
  • αw : le coefficient pondéré, valeur unique issue du calage d’une courbe de référence sur les αp de 250 à 4000 Hz.
  • La classe (A à E) : l’αw traduit en lettre.

À chaque étape, de l’information disparaît. Passer de 18 valeurs à une lettre, c’est accepter de perdre la forme de la courbe, c’est-à-dire précisément ce qui détermine si votre salle sonnera juste ou métallique.

Texture grenue d'un plafond acoustique projeté blanc en cours de chantier, surface poreuse qui produit le coefficient d'absorption acoustique

Classes d’absorption A à E : ce que la lettre dit et ne dit pas

La NF EN ISO 11654, toujours la référence en vigueur en 2026 pour l’absorption acoustique dans les bâtiments, découpe l’échelle des αw en cinq classes. Attention : les bornes ne sont pas des intervalles continus, l’αw ne prend que des valeurs multiples de 0,05.

Classe αw Traduction physique Emploi typique
A 0,90 – 0,95 – 1,00 90 % et plus de l’énergie absorbée Restaurants, gymnases, réfectoires, plateaux denses
B 0,80 – 0,85 80 à 85 % Open spaces, salles de classe, commerces
C 0,60 – 0,65 – 0,70 – 0,75 60 à 75 % Bureaux fermés, circulations, halls
D 0,30 à 0,55 30 à 55 % Complément d’absorption, parois secondaires
E 0,15 – 0,20 – 0,25 15 à 25 % Effet acoustique marginal, valeur décorative
Non classé 0,00 à 0,10 Réflecteur Béton, plâtre lisse, verre, carrelage

Trois enseignements que les fiches produit passent sous silence.

La classe A n’est pas une note. Une salle entièrement traitée en classe A devient sourde : la voix ne porte plus, les intervenants forcent, et l’effet Lombard fait remonter le niveau global. Pour un plateau de bureaux, l’objectif de la NF S31-080 se situe entre 0,4 et 0,8 s de réverbération, ce qui s’obtient plus souvent avec du classe B ou C sur une grande surface qu’avec du classe A sur un tiers du plafond.

Un saut de classe ne vaut pas un saut de performance perceptible. Entre 0,85 (B) et 0,90 (A), l’écart d’énergie absorbée est de 5 points. Sur le temps de réverbération d’un local réel, où le plafond ne représente qu’une partie de l’absorption totale, cela se traduit souvent par moins de 0,05 s : indétectable à l’oreille, mais très détectable sur le devis.

La lettre masque la répartition en fréquence. Deux produits classés B peuvent absorber l’un les aigus, l’autre le médium. C’est l’objet des indicateurs de forme, ignorés dans 90 % des documents commerciaux.

Les indicateurs de forme (L), (M), (H)

Quand la courbe d’un produit dépasse la courbe de référence calée de 0,25 point ou plus sur une bande, la NF EN ISO 11654 impose d’accoler une lettre à l’αw :

  • (L) : excès d’absorption dans les basses, à 250 Hz. Typique des systèmes avec forte lame d’air ou des absorbants épais.
  • (M) : excès dans le médium, à 500 ou 1000 Hz. C’est la bande de l’intelligibilité de la parole.
  • (H) : excès dans les aigus, à 2000 ou 4000 Hz. Typique des mousses fines et des textiles tendus.

Un αw 0,75 (M) est un meilleur candidat pour une salle de réunion qu’un αw 0,80 (H), malgré la classe inférieure : il travaille là où se situe la voix humaine. Si un fournisseur ne peut pas vous dire si son produit porte un indicateur de forme, il n’a probablement pas lu son propre PV d’essai.

Comment se calcule le coefficient d’absorption acoustique pondéré

C’est le point sur lequel la quasi-totalité des articles disponibles en français se trompe. Non, l’αw n’est pas la moyenne des valeurs mesurées. La méthode est la suivante.

  1. Mesure en salle réverbérante selon la NF EN ISO 354 : un échantillon de 10 à 12 m² est posé au sol d’une chambre d’un volume minimal de 150 m³. On compare la décroissance sonore de la salle vide et de la salle équipée, ce qui donne l’aire d’absorption équivalente puis les αs par tiers d’octave.
  2. Conversion en αp : moyenne des trois tiers d’octave de chaque bande d’octave, arrondie à 0,05.
  3. Calage de la courbe de référence : la norme définit une courbe en escalier de référence (1,00 à 500 et 1000 Hz, 0,80 à 250 et 2000 Hz, 0,65 à 4000 Hz dans sa position haute). On la fait descendre par pas de 0,05 jusqu’à ce que la somme des écarts défavorables, c’est-à-dire des seuls points où l’αp passe sous la courbe, devienne inférieure ou égale à 0,10.
  4. Lecture de l’αw : c’est la valeur de la courbe ainsi calée à 500 Hz.

Trois conséquences pratiques, à connaître avant toute négociation technique.

D’abord, la bande 125 Hz ne participe pas au calcul. Un produit peut être totalement transparent aux basses fréquences et sortir classe A. Pour un restaurant où le brouhaha est dominé par le médium-grave, ou un local d’activité avec des machines, c’est une omission lourde de conséquences.

Ensuite, l’αw est tiré vers le bas par son point le plus faible. La tolérance de 0,10 en cumul est serrée : un unique creux marqué dans la courbe fait chuter la valeur finale d’un ou deux crans, même si les cinq autres bandes sont excellentes. C’est un indicateur volontairement sévère, et c’est sa qualité.

Enfin, la position de la courbe dépend directement de l’épaisseur du matériau, puisque l’absorption utile commence au voisinage du quart de la longueur d’onde. C’est pourquoi l’épaisseur projetée décale la bande réellement traitée plutôt qu’elle n’augmente uniformément la performance : passer de 15 à 40 mm ne fait pas monter toute la courbe, cela l’étend vers le grave.

Les 6 pièges des fiches techniques fabricants

Voici les écarts les plus fréquents entre le chiffre annoncé et le chiffre exploitable, relevés sur les documentations de correction acoustique en circulation en 2025 et 2026.

Piège 1 : le montage d’essai n’est pas indiqué

La NF EN ISO 354 codifie les conditions de pose de l’échantillon. Le montage de type A place le matériau directement contre la paroi réfléchissante. Les montages de type E le décollent d’une lame d’air, typiquement E-200 (200 mm) ou E-400 (400 mm).

Ce vide d’air se comporte comme un résonateur et déplace l’absorption vers le grave. Sur les produits fins, l’écart entre un essai type A et un essai avec 200 mm de plénum atteint couramment 0,15 à 0,30 point d’αw, soit un à deux sauts de classe. Un panneau testé en E-400 puis collé en plein sur du béton ne tiendra jamais sa fiche.

C’est aussi la raison pour laquelle un faux plafond suspendu et un plafond absorbant projeté ne se comparent pas sur le seul αw : le premier bénéficie de son plénum dans l’essai comme sur le chantier, le second travaille sans lame d’air mais sur la totalité de la sous-face, y compris les retombées.

Piège 2 : un coefficient supérieur à 1,00

Vous verrez des 1,05, des 1,10, parfois des 1,20. Physiquement impossible : on ne peut pas absorber plus que l’énergie reçue. L’explication est métrologique. En salle réverbérante, l’échantillon de 10 à 12 m² présente des bords libres qui diffractent le son et captent une énergie que la surface géométrique ne devrait pas voir. L’aire d’absorption équivalente mesurée dépasse alors la surface de l’échantillon.

La norme prévoit d’ailleurs de plafonner l’αp à 1,00 pour le calcul de l’αw. Un fabricant qui laisse un αs de 1,15 en gros caractères sur sa plaquette communique un artefact de laboratoire, pas une performance. Sur un plafond de 500 m², cet effet de bord n’existe plus.

Piège 3 : l’aire d’absorption équivalente déguisée en coefficient

Pour les objets isolés (baffles, îlots, cloisonnettes), le laboratoire ne mesure pas un coefficient mais une aire d’absorption équivalente en m² sabine par objet, souvent comprise entre 0,5 et 1,4 m² par baffle standard. Diviser cette aire par la seule face visible produit des pseudo-coefficients de 1,5 à 2,5, puisque l’objet travaille sur ses deux faces et ses chants.

Le chiffre n’est pas malhonnête, il est simplement incomparable à l’αw d’un plafond plein. Le seul terrain de comparaison loyal est l’aire d’absorption totale apportée au local, ce qui est exactement l’arbitrage traité dans notre comparatif projection de cellulose ou panneaux acoustiques rapportés.

Pièges 4 à 6 : NRC, PV et périmètre

  • Piège 4, le NRC et le SAA importés. Le NRC (norme américaine ASTM C423) est la moyenne arithmétique des quatre octaves 250, 500, 1000 et 2000 Hz, arrondie à 0,05. Il ignore 125 et 4000 Hz et ne pénalise aucun creux. Deux courbes radicalement différentes peuvent partager le même NRC. Un NRC de 0,85 correspond fréquemment à un αw de 0,75 ou 0,80 : ne convertissez jamais l’un en l’autre, exigez la courbe.
  • Piège 5, le PV absent ou périmé. Un αw sans procès-verbal d’essai d’un laboratoire accrédité, sans numéro de rapport et sans date, n’engage personne. Vérifiez surtout que l’épaisseur et la densité testées sont celles que vous allez faire poser : un PV établi sur 40 mm ne couvre pas une mise en oeuvre à 20 mm.
  • Piège 6, le périmètre de la mesure. Certaines fiches donnent la performance d’un système complet (absorbant plus support plus plénum) et d’autres celle du seul matériau. Les deux se ressemblent sur le papier et n’ont pas le même sens : demandez systématiquement la description du montage figurant au PV.

Protection acoustique par projection de ouate de cellulose

PV d’essai, courbe par bande d’octave, épaisseur et teinte : nous vous transmettons les données de performance réelles de la solution projetée, pas une classe isolée.

Voir la solution acoustique →

Valeurs de référence par matériau, marché 2026

Les fourchettes ci-dessous correspondent aux valeurs couramment publiées sur les fiches techniques du marché français en 2025-2026. Elles servent d’ordre de grandeur pour dégrossir un choix, jamais de donnée de calcul : seul le PV du produit retenu fait foi.

Solution Épaisseur αw indicatif Classe Point de vigilance
Cellulose projetée 15 mm 0,60 – 0,65 C Peu d’effet sous 500 Hz
Cellulose projetée 25 mm 0,80 – 0,85 B Meilleur rapport performance / prix
Cellulose projetée 40 mm 0,95 – 1,00 A Souvent un indicateur (L)
Dalle minérale sur ossature 15 – 20 mm 0,90 – 1,00 A Valeur obtenue avec plénum, jamais sans
Plaque de plâtre perforée + laine 45 mm 12,5 mm 0,55 – 0,70 C ou D Dépend du taux de perforation
Panneau PET collé en plein 9 mm 0,15 – 0,25 E Effet quasi nul, rôle décoratif
Panneau PET avec plénum 24 mm 0,60 – 0,80 B ou C Ne pas transposer la valeur au collé
Mousse mélamine 50 mm 0,85 – 0,95 A ou B Réaction au feu à vérifier en ERP
Moquette sur thibaude 6 – 8 mm 0,25 – 0,30 E ou D Absorbe uniquement les aigus
Béton brut, plâtre lisse, vitrage – 0,02 – 0,10 Non classé Surface réfléchissante

Lecture utile de ce tableau : la solution la mieux classée n’est pas toujours celle qui apporte le plus d’absorption au local, parce que la classe ne dit rien de la surface sur laquelle elle sera appliquée. C’est l’objet de la section suivante.

Du coefficient d’absorption acoustique au temps de réverbération réel

Le seul indicateur que perçoit un utilisateur, c’est le temps de réverbération. La formule de Sabine le relie au coefficient : Tr = 0,16 x V / A, où V est le volume du local en m³ et A l’aire d’absorption équivalente en m² sabine, égale à la somme des produits surface par coefficient : A = Σ (S x α).

Deux termes, donc, et un seul est écrit sur la fiche technique. La surface pèse autant que le coefficient, et c’est là que se jouent la plupart des déceptions à la réception.

Démonstration : deux produits classe B, deux résultats

Prenons une salle de réunion de 60 m² au sol, 2,80 m de hauteur, soit 168 m³. Le plafond est traité intégralement. Le reste du local (sol souple, cloisons, vitrage, mobilier) apporte environ 20 m² sabine à 250 Hz et 35 m² sabine à 1000 Hz.

Deux candidats, tous deux αw 0,80, classe B, mêmes prix, mêmes délais :

  • Produit X (mousse fine, indicateur (H)) : αs de 0,45 à 250 Hz et 0,95 à 1000 Hz.
  • Produit Y (cellulose projetée 25 mm) : αs de 0,65 à 250 Hz et 0,90 à 1000 Hz.
Bande Produit X : A puis Tr Produit Y : A puis Tr
250 Hz 47 m² sabine, Tr = 0,57 s 59 m² sabine, Tr = 0,46 s
1000 Hz 92 m² sabine, Tr = 0,29 s 89 m² sabine, Tr = 0,30 s
Écart grave / médium 0,28 s, soit + 97 % 0,16 s, soit + 53 %

Même classe, même αw, et deux ambiances sonores très différentes. La salle équipée du produit X garde une traîne dans le grave qui donne cette impression de voix caverneuse en visioconférence, alors que les aigus, eux, sont surtraités. Les bureaux d’études considèrent généralement qu’un écart de plus de 25 % entre bandes d’octave sur la plage 250-2000 Hz signe un traitement déséquilibré. Le produit Y passe, le produit X non.

Conclusion opérationnelle : réclamez toujours les six valeurs par octave, pas la lettre. Sur les solutions projetées, cette courbe et sa validation par une mesure de réception sont détaillées dans notre guide du plafond acoustique projeté en ouate de cellulose.

La surface développée, terme oublié du calcul

Un plafond n’est presque jamais un plan. Poutres, sommiers, retombées, gaines et décrochés font que la surface réellement enduite dépasse la surface au sol de 10 à 25 % sur une structure nervurée courante. Chaque m² supplémentaire entre dans le calcul de A avec le même coefficient.

C’est un avantage structurel des solutions projetées, qui épousent le relief : à αw égal, elles mobilisent une aire d’absorption supérieure à celle d’un plan suspendu qui vient masquer ce relief. Sur la salle de réunion ci-dessus, 15 % de surface développée en plus, c’est 7 m² sabine gagnés à 250 Hz, et 0,05 s de réverbération en moins sans un euro d’épaisseur supplémentaire.

Poutres et sous-face béton nervurées traitées en projection acoustique bleu pétrole, surface développée supérieure à la surface au sol

Ce que la réglementation française exige vraiment

Aucun texte français n’impose un αw. Les arrêtés raisonnent en aire d’absorption équivalente rapportée à la surface au sol, ce qui neutralise les effets d’annonce sur le coefficient :

  • Arrêté du 30 août 1990 (locaux de travail bruyants) : aire d’absorption équivalente des revêtements au moins égale à 25 % de la surface au sol.
  • Arrêté du 25 avril 2003 (établissements d’enseignement) : au moins 30 % de la surface au sol pour les circulations et locaux visés, avec des plages de temps de réverbération imposées pour les salles.
  • NF S31-080 : niveaux de performance pour les bureaux, de courant à très performant, exprimés en temps de réverbération et en décroissance spatiale.
  • NF EN ISO 3382-2 : méthode de mesure du temps de réverbération sur site, à faire figurer au marché comme preuve contractuelle du résultat.
  • Code du travail : valeurs d’exposition quotidienne déclenchant l’action à 80 et 85 dB(A), valeur limite à 87 dB(A).

Traduction pour un maître d’ouvrage : un produit classe A appliqué sur 20 % du plafond peut être hors des clous, quand un classe C sur la totalité de la sous-face est conforme. Le référentiel normatif complet est consultable auprès de l’AFNOR, et les méthodes d’évaluation en bâtiment auprès du CSTB.

Checklist : auditer un PV d’essai en 8 points

À faire passer à chaque fournisseur avant de figer un lot acoustique. Un dossier qui coince sur plus de deux points ne devrait pas être chiffré. Pour mémoire, un essai en salle réverbérante coûte de l’ordre de 2 500 à 6 000 € HT par configuration en 2026 : un fabricant sérieux en dispose et les communique sans délai.

  1. Laboratoire et accréditation : le rapport identifie-t-il un laboratoire accrédité, avec numéro de rapport et date ?
  2. Norme d’essai : NF EN ISO 354 pour la mesure, NF EN ISO 11654 pour la pondération. Si le document ne cite qu’ASTM C423, vous lisez un NRC, pas un αw.
  3. Type de montage : A, E-200, E-400, autre. Est-il identique à la pose prévue sur votre chantier ?
  4. Surface de l’échantillon : 10 à 12 m². En dessous, la dispersion augmente et les effets de bord dominent.
  5. Courbe complète : les αs par tiers d’octave ou au minimum les six αp par octave, de 125 à 4000 Hz.
  6. Indicateur de forme : présence éventuelle de (L), (M) ou (H) accolée à l’αw.
  7. Épaisseur et densité testées : strictement celles du descriptif, à confirmer par écrit.
  8. Cohérence avec les autres exigences : classement de réaction au feu selon NF EN 13501-1 et compatibilité avec les contraintes du local.

FAQ : coefficient d’absorption acoustique

Qu’est-ce qu’un bon coefficient d’absorption acoustique ?
Il n’existe pas de valeur universellement bonne. Pour un plateau de bureaux, un αw de 0,70 à 0,85 appliqué sur la totalité de la sous-face donne un meilleur résultat qu’un αw de 1,00 sur un tiers de la surface. La bonne question n’est pas le niveau du coefficient mais l’aire d’absorption équivalente totale obtenue, comparée au volume du local.
Quelle différence entre αs, αp et αw ?
L’αs est la mesure brute par bandes de tiers d’octave selon la NF EN ISO 354. L’αp est cette mesure regroupée par octave et arrondie à 0,05. L’αw est une valeur unique obtenue en calant une courbe de référence sur les αp de 250 à 4000 Hz, selon la NF EN ISO 11654. L’αs sert au calcul, l’αw à la comparaison rapide.
Un coefficient d’absorption peut-il dépasser 1 ?
Un αs mesuré peut afficher 1,05 ou 1,10, mais c’est un artefact : les bords libres de l’échantillon de 10 à 12 m² diffractent le son et gonflent l’aire d’absorption mesurée. La norme plafonne d’ailleurs la valeur à 1,00 pour le calcul de l’αw. Sur une grande surface continue, cet effet disparaît.
La classe A est-elle toujours le meilleur choix ?
Non. Les classes sont descriptives, pas hiérarchiques. Une salle traitée intégralement en classe A devient sourde : la parole ne porte plus et les occupants élèvent la voix. Pour la plupart des locaux tertiaires, un classe B ou C sur une grande surface est plus juste, et généralement moins coûteux.
Comment convertir un αw en décibels gagnés ?
Il n’y a pas de conversion directe. Un αw n’est pas un affaiblissement acoustique : il alimente le calcul de l’aire d’absorption A, dont on tire le temps de réverbération par la formule de Sabine Tr = 0,16 x V / A. Le gain de niveau sonore perçu dans un local réverbérant se situe en pratique entre 3 et 7 dB(A) selon le volume et la surface traitée.
NRC et αw sont-ils comparables ?
Non, ils relèvent de deux normes distinctes. Le NRC (ASTM C423) est une moyenne des quatre octaves 250 à 2000 Hz, qui ne pénalise aucun creux de courbe. L’αw (NF EN ISO 11654) est déterminé par calage d’une courbe de référence avec une tolérance de 0,10 sur les écarts défavorables. Un NRC est systématiquement plus flatteur que l’αw du même produit.
Quel coefficient viser pour un open space ?
Visez d’abord un temps de réverbération de 0,4 à 0,6 s selon la NF S31-080, puis remontez au coefficient nécessaire par la formule de Sabine. En pratique, sur un plateau de 3 m de hauteur, un revêtement de classe B posé sur 80 à 100 % de la sous-face suffit à atteindre la cible, sans traitement mural complémentaire.
Faut-il exiger le PV d’essai au fournisseur ?
Oui, systématiquement, et avant chiffrage. Le PV doit préciser le laboratoire, la date, la norme d’essai, le type de montage, la surface d’échantillon et la courbe complète par bande. Sans ces éléments, l’αw annoncé n’a aucune valeur contractuelle et ne pourra pas être opposé en cas de réverbération constatée à la réception.

Plan d’action : exploiter un coefficient d’absorption acoustique

Le chiffre unique est un outil de tri, pas un outil de décision. Trois réflexes suffisent à éviter les mauvaises surprises.

  1. Demandez la courbe, pas la lettre. Six valeurs d’αp de 125 à 4000 Hz, le type de montage d’essai et l’éventuel indicateur (L), (M) ou (H). Sans ces données, refusez de comparer deux offres.
  2. Raisonnez en aire d’absorption équivalente. Multipliez le coefficient par la surface réellement traitée, surface développée comprise, et confrontez le résultat au volume du local via Tr = 0,16 x V / A. C’est le seul calcul que la réglementation reconnaît.
  3. Inscrivez la mesure de réception au marché. Une mesure NF EN ISO 3382-2 après travaux transforme une promesse commerciale en engagement de résultat.

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